Et vous, croyez-vous en la résurrection ?

Retrouvez l’évangile du 10 novembre 2013, 31ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Article mis en ligne le 14 novembre 2013

par Père Christophe Kerhardy sj
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Retrouvez l’évangile du 10 novembre 2013, 31ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Des sadducéens — ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection — vinrent trouver Jésus, et ils l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu’il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.

Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.

Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour femme ? »

Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : “le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob”. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20, 27-38)

Illustration : Vitrail de la résurrection des morts, Sainte-Chapelle, Paris.

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[orange]L’homélie[/orange]

Les hommes veulent vivre… et ce désir en eux est aussi celui de Dieu.

L’évangile va aller au bout de ce désir. Il raconte comment l’empire de la mort est vaincu par le Christ qui s’est levé du tombeau. À Pâques les cloches carillonnent à toutes volées la victoire de la vie ; Jésus, premier né d’entre les morts, a ouvert un passage pour d’autres, car s’il est le premier, c’est qu’il y aura sûrement un deuxième, un troisième… un septième… et pourquoi pas davantage ? Bonne Nouvelle pour nous qui cheminons dans la foi en la résurrection.

Les sadducéens qui s’opposent à Jésus n’en sont pas convaincus. Pour eux, la règle de foi se trouve dans la Torah, c’est à dire dans les cinq premiers livres de la Bible (Genèse, Exode, Nombres, Lévitique et Deutéronome) ; pour le reste on est sceptique, les Prophètes, les écrits de sagesse ne jouissent pas de l’autorité de Moïse. Seule la Torah donc et puisque celle-ci ne parle pas clairement de ce qui se passe après la mort, alors c’est qu’il n’y a rien. Et pour ridiculiser l’idée de résurrection, ils inventent une histoire extravagante : une série de sept mariages suivis de sept morts sans descendance. D’où la question finale : « Eh bien, cette femme à la résurrection, qui aura-t-elle pour mari, puisque les sept frères l’ont eue pour femme ? ». Autrement dit, peut-on imaginer de la polygamie dans le ciel ? Cette question vous paraît saugrenue, un peu jésuite peut-être… ce n’est qu’une hypothèse d’école, qui coupe la vie en sept, comme on coupe les cheveux en quatre, et qui cherche à piéger Jésus.

La réponse de Jésus est habile, il sait que les sadducéens contestent la validité des écrits prophétiques. Inutile de leur rappeler le témoignage des sept jeunes garçons martyrisés sous les yeux de leur mère, eux pourtant ne sont pas une hypothèse d’école, mais une école de foi en la « résurrection ».

Puisque pour les sadducéens ce témoignage n’est pas convainquant, alors Jésus va entrer par la porte de ses contradicteurs et choisir de faire appel au récit du buisson ardent. Grand moment du livre de l’Exode, reconnu par tous, y compris par les sadducéens. Les patriarches, les plus vieux de nos Pères, Abraham, Isaac et Jacob, ne sont-ils pas en Dieu ?

Ce jour-là, Jésus ne donne pas la preuve de la résurrection, car nous le savons, celle-ci doit être crue sur parole. Parole ancienne où l’Éternel déclare : « Je suis celui qui est, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ». Parole nouvelle, où Jésus affrontant le scepticisme de tous, dévoile que la vie de l’homme est éternelle.

Sa résurrection viendra clore le débat, pour nous, depuis Pâques le Christ est l’aîné d’une multitude qui chemine vers la résurrection.

Saint Paul insiste pour que notre foi ne soit pas vacillante à ce sujet : « Si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi… Si Christ n’est pas ressuscité notre foi est illusoire… Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes ».

Pour que saint Paul insiste de cette manière, c’est qu’il y avait du scepticisme dans l’air. La foi en la résurrection est bien au cœur de notre Credo mais certains ont des doutes. Ils sont nombreux ceux qui doutent aujourd’hui de la résurrection. Ressuscité ? Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Pour beaucoup d’hommes, la vie s’arrête au tombeau et après la mort, ils n’espèrent rien, ne croient rien, n’imaginent rien. Songez que 20% des catholiques avouent ne pas croire en la résurrection. Et vous, qu’en pensez-vous ? Qu’espérez-vous, que croyez-vous ?

Nous ne devrions plus douter de la résurrection, avec Jésus le projet de Dieu s’est éclairé : ce qui fera sa gloire, c’est une humanité vivante, ramenée sous un seul chef, le Christ. Pour moi, l’expérience humaine est animée par un mouvement où peu à peu, l’humanité monte de manière sûre et irréversible vers son accomplissement dans le Christ vivant. Ces perspectives, chargées d’espérance, sont bien plus vastes que ce que nous pouvons imaginer. Y réfléchir, nous met devant un amour qui nous déborde, qui nous dépasse mais surtout qui nous contient.

Oui, si j’ai foi dans le Christ, c’est parce que mon avenir est dans le sien, depuis que le jour de mon baptême sa vie de ressuscité est passée dans la mienne.

Quand des interrogations montent en moi, quand le scepticisme me bouscule, quand l’au-delà se voile à nouveau, alors, je fais comme Jésus avec les sadducéens, je reviens vers la Parole de Dieu et j’entends : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, vivra, même s’il meurt ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Illustration : Icône de la résurrection de Jésus-Christ qui délivre Adam et Ève des enfers.

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[orange]La prière universelle[/orange]

Seigneur, viens au secours de ton Église là où elle est persécutée. Que les croyants tiennent ferme dans leur foi. Que l’Esprit les accompagne dans leur long combat mené pour que chacun ait le droit de prier et de croire en toute liberté. Ô Père, écoute cette prière.

[marine]Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel béni soit ton nom[/marine]

Nous te prions pour les peuples asservis à des régimes totalitaires. Là où règne l’obscurantisme que naisse ta lumière. Là où la haine et la violence font rage, apporte ta paix. Ô Père, prends pitié de tes enfants.

[marine]Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel béni soit ton nom[/marine]

Seigneur, viens au secours de tous ceux qui sont victimes de violences. Nous te prions aussi pour que les bourreaux ouvrent leur cœur au respect de la vie de tout homme. Ô Père, entends notre prière.

[marine]Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel béni soit ton nom[/marine]

Seigneur, nous te prions pour tous ceux qui doutent. Affermis la foi des timides, éclaire tous ceux qui peinent à croire en la résurrection. Ô Père, exauce-nous.

[marine]Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel béni soit ton nom[/marine]

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