"Je connais mes brebis, mes brebis me connaissent"

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 26 avril 2015, 4ème dimanche de Pâques (année B), l’homélie du père Christophe Kerhardy et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Article mis en ligne le 26 avril 2015

par Père Christophe Kerhardy sj
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Retrouvez ici l’évangile du dimanche 26 avril 2015, 4ème dimanche de Pâques (année B), l’homélie du père Christophe Kerhardy et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.


En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

(Évangile selon saint Jean 10, 11-18)

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[orange]L’homélie[/orange]

De la terre jusqu’aux cieux, notre histoire est une transhumance. C’est pourquoi Dieu a souvent appelé des bergers pour conduire et prendre soin de son peuple. Nous les connaissons. Abraham quitta son pays sur ordre de Dieu pourmener sa maisonnée vers la terre de Canaan, comme un nomade ; Moïse conduisit Israël de la terre de servitude jusqu’à la Terre Promise, comme un berger ; David qui gardait les moutons de son père à Bethléem fut désigné par Dieu pour devenir le roi d’Israël.

Loin des images champêtres et bucoliques, ces bergers étaient des hommes courageux, Moïse conduisit le peuple quarante ans à travers le désert, le jeune David affronta le géant Goliath pour défendre le peuple élu.

Mais au fil du temps, les bergers d’Israël s’étaient comportés comme des profiteurs. Les gens n’en pouvaient plus de ces leaders corrompus. Les prophètes leur adressent des critiques virulentes et annoncent que Dieu va venir lui-même prendre soin de son peuple : « C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai… » Cette prophétie d’Ezéchiel dresse le portrait de Jésus.

Dans la christianisme, la représentation du Christ comme Bon Pasteur, portant une brebis sur ses épaules, est l’une des premières images du Seigneur et c’est de là que toute l’activité de l’Église s’appelle pastorale.

Quand Jésus annonce qu’il donne sa vie pour ses brebis, nous sommes devant une claire annonce de la Passion.

Dans cette Passion, la très emblématique houlette du berger –ce berger avec une partie recourbée qui sert à sortir une brebis d’un mauvais trou– c’est la croix de Jésus. Et de quel mauvais trou, de quelle impasse Jésus va-t-il nous tirer ? Avec la croix, il fait traverser le ravin de la mort et nous conduit jusqu’au Royaume où la vie n’a pas de fin. Voilà l’horizon de notre transhumance pascale.

Aujourd’hui, laissons-nous toucher par l’affection individuelle qui émane du Christ : « Je suis le bon pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Le Seigneur nous connaît, jusqu’au plus intime de nous-mêmes. Jamais il ne colle une étiquette ou un numéro de matricule sur quelqu’un.

Il est fini le temps où l’on marquait les hommes au fer rouge pour savoir à quel maître ils appartenaient, il est fini le temps des étoiles jaunes ou roses cousues sur le revers de la veste. Pour Jésus, chacun a un nom bien gravé dans son cœur, aussi précieux qu’un poinçon sur une bague en or.

Il connaît ses brebis, et son cœur est assez large pour y inscrire des noms de diverses origines. Nous l’avons entendu : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie, et celles-là aussi, il faut que je les conduise ».

Par conséquent, c’est avec un regard sans œillères qui faut contempler le troupeau sauvé par le Christ. Les ânes ont des œillères mais pas notre Dieu.

Au-delà de la bergerie catholique, il y a beaucoup de gens perdus et en souffrance. Notre pastorale ne peut les ignorer ; au nom de Jésus, il nous faut sans cesse porter secours à ceux et celles qui sont égarés, il nous faut sans cesse défendre les agnelets les plus fragiles et veiller à ce que personne ne soit privé de dignité.

Quand on voit tous ceux qui terrorisent et tuent au nom de Dieu et tous ces trafiquants qui embarquent des migrants sur des bateaux qui vont couler en mer, ils sont les mercenaires que dénonce Jésus. En face, nous ne pouvons pas nous enfermer dans une Europe sourde aux cris des victimes, car les cris et les pleurs des hommes sont la voix de l’Agneau cloué sur la croix.

Cette semaine, avec l’Église, je vous invite à prier pour les vocations ; pour toutes les vocations car la pastorale est une affaire partagée. Beaucoup d’entre nous sommes pasteurs à un titre ou à un autre : parents, grands-parents, éducateurs, soignants, chefs d’entreprise, prêtres, consacrés, catéchistes… soyons-le à la manière de Jésus qui aime à fond ceux qui lui sont confiés ; devenons de bons bergers les uns pour les autres. Ah ! si l’on pouvait dire de l’Église ce qu’on a dit du Christ : Il a donné de sa personne, « il a passé sa vie à faire du bien et à aider les autres à avoir la vie en abondance ».

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[orange]La prière universelle[/orange]

Prions pour notre pape François, successeur de Pierre
comme pasteur de l’Église.
Qu’il soit rempli de l’Esprit Saint.
Que, soutenu et aimé par les fidèles,
il nous guide tendrement vers la maison du Père.
Seigneur, pleins de confiance, nous te prions.

Seigneur, nous te confions toutes les églises
et les communautés chrétiennes.
Suscite chez chacune le goût du dialogue et le désir de l’unité,
afin d’être rassemblés en un seul troupeau,
conduit par le Christ, berger de toute l’humanité.
Seigneur, pleins de confiance, nous te prions.

En ce jour de prière pour les vocations,
nous te rendons grâce, Seigneur, pour les prêtres, les religieux, les religieuses
que tu as appelés à servir.
Bénis chacun d’eux et comble-les de tes grâces.
Pour continuer la mission et servir l’Évangile,
que des jeunes chez nous et ailleurs
répondent à ton appel.
Seigneur, pleins de confiance, nous te prions.

Seigneur, tu nous appelles tes enfants.
Éveille nos cœurs à ton amour
et donne-nous la force de croître et de grandir dans la foi
afin de remplir pleinement notre vocation de chrétiens.
Seigneur, pleins de confiance, nous te prions.


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