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Va, vends, donne aux pauvres

Retrouvez iciVa, vends, donne aux pauvres l’évangile du 11 octobre 2015, 28ème dimanche du Temps ordinaire (année B), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Article mis en ligne le 13 octobre 2015
dernière modification le 30 octobre 2015

par Père Christophe Kerhardy sj
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Retrouvez ici l’évangile du 11 octobre 2015, 28ème dimanche du Temps ordinaire (année B), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

En ce temps-là,

  Jésus se mettait en route

quand un homme accourut

et, tombant à ses genoux, lui demanda :

« Bon Maître, que dois-je faire

pour avoir la vie éternelle en héritage ? »

  Jésus lui dit :

« Pourquoi dire que je suis bon ?

Personne n’est bon, sinon Dieu seul.

  Tu connais les commandements :

Ne commets pas de meurtre,

ne commets pas d’adultère,

ne commets pas de vol,

ne porte pas de faux témoignage,

ne fais de tort à personne,

honore ton père et ta mère. »

  L’homme répondit :

« Maître, tout cela, je l’ai observé

depuis ma jeunesse. »

  Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.

Il lui dit :

« Une seule chose te manque :

va, vends ce que tu as

et donne-le aux pauvres ;

alors tu auras un trésor au ciel.

Puis viens, suis-moi. »
  
Mais lui, à ces mots, devint sombre

et s’en alla tout triste,

car il avait de grands biens.

  
Alors Jésus regarda autour de lui

et dit à ses disciples :

« Comme il sera difficile

à ceux qui possèdent des richesses

d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
  
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.

Jésus reprenant la parole leur dit :

« Mes enfants, comme il est difficile

d’entrer dans le royaume de Dieu !
  
Il est plus facile à un chameau

de passer par le trou d’une aiguille

qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
  
De plus en plus déconcertés,

les disciples se demandaient entre eux :

« Mais alors, qui peut être sauvé ? »

  Jésus les regarde et dit :

« Pour les hommes, c’est impossible,

mais pas pour Dieu ;

car tout est possible à Dieu. »

++++

[orange]L’homélie[/orange]

Un homme riche se présente donc à Jésus. Cet homme a reçu une bonne éducation, on le voit à sa manière très polie d’aborder Jésus ; il connaît la Loi depuis sa jeunesse et sa fidélité est impeccable, il aime Dieu de tout son cœur, il respecte son père et sa mère, il ne fait aucun tort à son prochain. Sur le plan moral, donc, rien à dire, le bilan est positif.

Sur le plan matériel, c’est plutôt pas mal, l’homme a de grands biens. Il est riche, ce n’est pas un péché, il n’a pas fait fortune en détournant des fonds ou en organisant un trafic de stupéfiants. Ce n’est pas un ripou. On sait bien que l’argent ne fait pas le bonheur, mais quand même, c’est bien d’en avoir un peu devant soi pour boucler les fins de mois. Mais comment boucler la fin de la vie, comment gagner la vie éternelle ? C’est ce que recherche le brave homme : Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?

L’objectif est estimable. Seulement voilà, en cherchant le bon moyen pour obtenir la vie éternelle, cet homme en reste à une religion du « faire pour avoir ». Autrement dit, il conçoit la vie éternelle comme une rétribution. Elle n’est pas un don de Dieu, elle est un bien que l’on acquiert après s’être bien investi. C’est assez commun de penser les choses de cette manière-là. Et pourtant, qu’avons-nous fait pour recevoir la vie de nos parents ? Rien ! Alors, pourquoi est-ce si difficile de penser que vie éternelle comme une grâce, comme un cadeau ? Oui, c’est par la grâce du Christ que nous devenons héritiers du Royaume. La vie éternelle n’est pas un dû, mais un don.

Alors, Jésus propose au jeune homme d’entrer dans cette économie du don. Comment ? « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres puis viens et suis-moi. »

Va, vends, donne aux pauvres, la barre est haute. On se dit que cet appel est réservé à quelques assoiffés d’absolu. Il n’est pas fait pour les gens normaux. Pour suivre Jésus, on veut bien partager un peu, ce n’est déjà pas si mal, mais de là à tout liquider... Cet Évangile est bien trop exigeant ! Pourtant, quand on voit toutes les affaires de primes de départ, de parachute doré comme on dit, de magouilles financières, on sent bien que Jésus a raison. Les paradis fiscaux ne sont pas le paradis selon Jésus.

Face à tout cela, comme les disciples, nous nous demandons : « Qui peut être sauvé ? »

Alors, Jésus nous regarde et nous dit : « Non seulement c’est difficile, mais, pour les hommes, c’est impossible. Après quoi, il ouvre un chemin d’espérance : « Mais pour Dieu, tout est possible ». Impossible n’est donc pas divin.

Restons sur cette ouverture qui est notre seule espérance. Pour nous en parler, Jésus prend l’image d’un chameau face au trou d’une aiguille.

Il se trouve qu’il y a à Jérusalem, une porte que l’on nomme la porte de l’aiguille. Cette porte était si basse que les chameaux ne pouvaient pas la franchir avec leur charge sur le dos. Il fallait donc délester les caravanes pour entrer dans la ville sainte. De même, pour entrer dans la vie éternelle, il faut nous délester de ce qui pèse sur notre dos et nous en remettre au Seigneur. C’est la bonne manière de lui dire : j’ai confiance en toi.

Et croyons bien que nous ne perdrons pas au change : “Tu auras un trésor dans le ciel », promet Jésus. Un trésor qui ne sera pas le fruit de ta fortune, ni de tes mérites, mais un trésor qui sera un don de Dieu. Et ce don, c’est en Jésus, qu’il nous est fait. Lui qui s’est offert tout entier pour que nous ayons vraiment la vie éternelle.

La grâce des gens humbles, des gens conscients de leurs faiblesses et de leurs péchés, la grâce des cœurs pauvres, c’est de croire que ce qui nous est impossible à nous, devient possible avec Dieu.

C’est pourquoi je peux lui dire : « Prends, Seigneur et reçois, prends tout ce que j’ai, tout ce que je possède et donne-moi ta grâce, elle me suffit ».

++++





[orange]La prière universelle[/orange]





Pour que tous les chrétiens de toutes les églises se rejoignent dans la même espérance en la résurrection, Seigneur, fais-nous connaître tes chemins d’unité et de réconciliation. Seigneur, écoute notre prière.

[marine]Ô Seigneur en ce jour écoute nos prières.[/marine]

Pour ceux qui, en Église, sont séduits par la personne du Christ, qu’ils entendent son appel à le suivre et qu’ils y répondent par le don de leur vie. Seigneur, fais-nous connaître tes chemins d’abandon au service de la mission. Seigneur, écoute notre prière.

Que devons-nous faire pour vivre l’Évangile ? À quoi devons-nous renoncer pour suivre le Christ ? Afin que nous discernions tes appels à une indispensable conversion et que nous y répondions avec désir, fais-nous connaître, Seigneur, tes chemins de détachement et de disponibilité. Seigneur, écoute notre prière.

Écrasées par l’épreuve, accablées par le découragement, tant de personnes s’éloignent de toi. Pour qu’elles te retrouvent présent à leur détresse, fais-nous connaître, Seigneur, tes chemins de tendresse. Seigneur, écoute notre prière.


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