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Quelle vision d’Église à long terme avons-nous ?
Article mis en ligne le 16 novembre 2018

par Père Stéphane, sj
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« Debout Peuple de Dieu ! […] » Ce refrain bien connu d’un chant de nos assemblées paroissiales exprime l’invitation urgente à vivre la joie des croyants dont la vie est éclairée par la lumière de Dieu. L’invitation prend encore plus de force lorsque des événements assombrissent la vie de l’Église. Comme actuellement avec les révélations d’abus sexuels sur mineurs par des prêtres et des religieux, et qui rendent l’air irrespirable. Plutôt que de suffoquer, nous les baptisés, nous sommes sommés de réagir. C’est le sens de la Lettre au Peuple de Dieu du Pape François (20 août 2018).

De l’humiliation à l’humilité, le Pape nous presse d’accepter notre solidarité. Nous partageons la responsabilité de la manière de nous situer les uns par rapport aux autres dans nos communautés paroissiales. Nous supportons des inégalités entre les responsables et animateurs pastoraux et le commun des fidèles : autoritarisme des uns, soumission des autres, perte par beaucoup du sens de la dignité humaine, de la liberté reçue de Dieu et à exercer au service de l’Église et du monde. C’est le cléricalisme identifié et dénoncé par le Pape.

La confusion des repères conduit au crime. Le petit paye nos défaillances communes : « l’intégrité des mineurs et adultes vulnérables » est foulée au pied. Ne résonne plus le cantique de Marie : « Il disperse les superbes, il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides » (Luc 1, 51-53). La Justice de Dieu a été perdue de vue.

« Souviens-toi », clame la Bible qui presse le Peuple de faire mémoire de la présence agissante de Dieu dans le monde. Soumise à aucune condition, elle est l’expression de l’amour miséricordieux et sans limites de Celui qui se fait appeler Père. Dans les périodes de tourmentes, la Bible affirme la persistance du « petit reste » dont tout repart. En chaque croyant survit cette capacité donnée par Dieu d’aller de l’avant. C’est le sens même de la sainteté.

En mars 2018, cinq mois avant la Lettre que le Pape nous a adressée, avons-nous entendu « l’appel à la sainteté » qu’il nous lancé déjà dans l’exhortation Gaudete et exsultate ? Il disait alors l’importance primordiale de notre appartenance à un peuple pour marcher en présence du Seigneur : « Dieu nous attire en prenant en compte la trame complexe des relations interpersonnelles qui s’établissent dans la communauté humaine ». Les « abus de pouvoir et de conscience » dans l’Église nous immergent dans cette complexité des relations trop souvent dominées par des pensées et des actes incohérents et mortifères.

Pour sortir de « cette culture de mort », le Pape veut « promouvoir une culture […] de la protection pour le présent et l’avenir ». Cette culture de vie doit « garantir et créer les médiations nécessaires pour apporter sécurité et protéger l’intégrité » de tous. Le défi est à hauteur d’une véritable « transformation ecclésiale et sociale ». Pour s’y engager, chaque baptisé est porté par la Parole de Dieu : « Choisis donc la vie pour que tu vives, et ta descendance après toi » (Deutéronome 30, 19).

« Que devons-nous faire ? », demandent les disciples de Jésus. « Élaborer des actions qui produisent des dynamismes en syntonie avec l’Évangile », nous répond le Pape. Pour atteindre cette « syntonie » ou harmonie, certains se sont déjà mis en prière et en réflexion pour « bâtir le présent et l’avenir ». Et ils font des propositions :
• La Conférence des baptisé.e.s francophones demande « l’ouverture d’assises sur la gouvernance de l’Église de France […] Il ne manque pas de forces, dans le monde catholique, pour donner de leurs compétences, de leur expérience et de leur foi au service d’une Église attentive aux appels de l’Évangile » (www.baptises.fr).
• Les Scouts et Guides de France demandent aux évêques « d’organiser un synode à l’automne 2019 qui permettrait le débat sur ces sujets et dont la mise en œuvre serait en co-responsabilité entre clercs et laïcs, femmes et hommes, dans une dimension intergénérationnelle » (www.sgdf.fr).

Et nous, que demandons-nous ? Comment voulons-nous nous engager « dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin » ? Osons le partager.

Photo : Gloria Rosazza-123rf.com

À télécharger :

Un p’tit mot, trois p’tits pas n°96 - novembre 2018
P.S. :

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