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Visite apostolique du Pape François à Madagascar
Article mis en ligne le 22 septembre 2019

par Père Joachin Tovo Ramboaniaina sj

Impressions du P. Joachin Tovo Ramboaniaina à son retour de Madagascar pour la visite apostolique du Pape François.

Les Malagasy ont accueilli le pape François avec tout leur cœur l’après-midi du 06 septembre 2019 : les sourires aux lèvres et les lueurs aux yeux qui ont soif d’une paix et d’une espérance. Et au pape de les saluer avec un sourire réconfortant et la bénédiction qu’un père donne à ses enfants.

La première visite du pape François fut la rencontre purement diplomatique avec le chef d’État malgache, la communauté internationale et la société civile. Pour cette rencontre, le Pape a commencé ainsi : « Je suis venu comme semeur de paix et d’espérance : puissent les semences jetées dans cette terre porter pour le peuple malgache des fruits abondants : Le Seigneur vous bénisse ! Priez pour moi je vous en prie ». Ensuite le Pape a fait remarquer qu’il voit l’âme du peuple malgache dans le pilier de la culture nationale : le Fihavanana malagasy. « Une âme qui est à préserver puisqu’elle donne aux habitants leurs traits particuliers qui les distinguent, les constituent et leur permet de résister avec courage et abnégation aux multiples contrariétés et aux difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement ». Puis le souverain pontife s’est adressé à chaque entité. Il a rappelé que la mission primordiale des responsables politiques est de « favoriser les conditions d’un développement digne et juste pour l’ile, pour les êtres humains, notamment les plus fragiles qui devraient être au cœur de ce développement ». Il a souligné également la lutte contre la pauvreté inhumaine, contre la corruption ainsi que la nécessité de servir ses concitoyens… Et l’auteur de « Laudato Si » de préciser qu’« il n’existe pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». L’occupant du Saint-Siège a exprimé sa gratitude vis-à-vis de la communauté internationale pour les aides qu’elle apporte au peuple malgache, tout en soulignant qu’« à trop vouloir aider Madagascar à s’ouvrir au monde, le risque est d’enfermer le pays dans une prétendue culture universelle qui méprise, enterre et supprime le patrimoine culturel de ce peuple ». La société civile attendait beaucoup du discours du Pape. Celui-ci a fait remarquer que « c’est la société qui, par ses actions, rend plus audible la voix de ceux qui n’ont pas de voix ». La visite proprement diplomatique du Pape s’est achevée par la plantation commune d’un baobab dans le jardin du palais présidentiel d’Iavoloha par le jeune président et le souverain pontife « semeur de paix et d’espérance ».

Après la prière de tierce que le pape a faite avec les religieuses contemplatives, il leur a dit de « toujours avoir le courage de faire des petits pas, des petits actes d’amour comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus à qui il voue une grande dévotion : « Si tu veux changer le monde, commence avec ces petits actes d’amour et de renoncement ». Le Pape a également invité les religieuses à prendre garde au démon, à faire preuve de prudence : il faut être solidaires, unies, marcher les unes avec les autres vers la sainteté, pour défendre la gloire de Dieu, défendre l’amour et enfin lutter jusqu’à la fin ».

Lors de sa rencontre avec les évêques de Madagascar, le Pape a invité les chrétiens catholiques à « contribuer dans un dialogue permanent avec les chrétiens des autres confessions, avec les membres des différentes religions et avec tous les acteurs de la société civile, à l’avènement d’une véritable fraternité qui valorise toujours le Fihavanana, et favorise le développement humain intégral, afin que personne ne soit exclu ».

Avec les jeunes, le Pape a réitéré l’importance de la confiance : confiance en soi, confiance envers les autres et envers la société : « Se demander toujours si on peut compter sur ta personne, si les autres peuvent avoir confiance en toi, si on peut compter sur toi dans le travail, à l’Église ou là où tu interviens… Et toujours de continuer de prier et ne jamais se décourager. Le pape a invité chacun à voir dans les plus défavorisés, notamment dans les prisonniers, des personnes qui nécessitent une seconde chance ; ces gens ne sont pas les pires criminels ou les pécheurs impénitents mais sont seulement ceux qui se sont trompés dans leur choix… »

Lors de la messe où un million de fidèles se sont réunis, le Pape a souligné « qu’il ne faut pas manipuler l’Évangile mais construire l’histoire dans la fraternité et la solidarité, dans le respect gratuit de la terre et de ses dons contre toute forme d’exploitation ».

L’après-midi du dimanche 08 septembre, le Pape a rendu visite au Père Pedro, fondateur de l’Akamasoa. Devant le défendeur des causes des plus pauvres , il a souligné que « chaque école est un chant d’espérance ». Il a également invité à « ne jamais baisser les bras devant les effets néfastes de la pauvreté car la pauvreté n’est pas une fatalité ». Pour les travailleurs de la carrière de Mahatazana, le Pape a reconnu la dureté de leur besogne ; toutefois, il a invité chacun des employés à « manifester de l’amour et de la tendresse pour ces enfants et leur famille au retour de leur dur labeur : câlinez vos enfants quand vous êtes chez vous ».

Lors de la rencontre de clôture de sa visite apostolique à Madagascar, le pape s’est adressé aux prêtres, religieux et religieuses en leur disant que leurs témoignages expriment la joie de Jésus ; et même « ce qu’ils expriment comme des problèmes sont des signes d’une Eglise vivante, dynamique cherchant à être chaque jour une présence du Seigneur ». Agir au nom de Jésus afin que vous soyez vainqueurs en donnant à manger à un enfant, en sauvant une mère du désespoir d’être seule face à tout ou en donnant un travail à un père de famille…

La rencontre à huis-clos avec les jésuites a rappelé la force de l’exercice spirituel qu’est le discernement. N’oubliez pas dans votre discernement de voir la personne, le temps et la réalité. Prenez toujours garde aux signes du temps.


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