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Jésuites à La Réunion
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Le site des jésuites à La Réunion. La communauté de la Résidence du Sacré-Cœur, les activités de la chapelle de la Résidence et du Centre Saint-Ignace.

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Une présence dynamique en nous
Article mis en ligne le 25 mai 2020

par Père Joachin Tovo Ramboaniaina sj

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 17 mai 2020, 6e dimanche de Pâques (année A), ainsi que l’homélie du père Joachin.

Les lectures du jour

L’Évangile que nous avons aujourd’hui, fait partie du discours de Jésus au Cénacle. Il est dans la perspective du don de lui-même que Jésus est sur le point de faire et dont il vient de donner une anticipation en offrant du pain et du vin comme son corps et son sang. La perspective est celle de l’amour, du plus grand amour qui n’hésite pas à donner sa vie pour ceux qu’il aime. Et c’est ce genre d’amour que Jésus enseigne à ses disciples : un amour qui est donné et qui veut être accepté, un amour qui n’est pas une émotion passagère, mais un cadeau que nous recevons en permanence et qui nous permet d’être à la hauteur de la vie de Jésus lui-même. Les paroles que Jésus dit sont des promesses, et les disciples ont appris que Jésus ne parle pas en vain, il tient ses promesses parce qu’il n’est pas seulement fidèle, mais parce que, comme nous l’avons entendu dimanche dernier, Il est la Vérité qui ne peut jamais tromper. Que promet-il, Jésus ? Il promet le Consolateur, le Paraclet.

« Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur (Paraclet) ». Qui est ce Paraclet dont Jésus parle ? Tout d’abord, nous disons que le mot signifie « celui qui est à vos côtés, qui prend votre défense, qui vous garantit, qui vous donne confiance ». Il faut noter que Jésus parle d’un « autre Paraclet », car le premier Paraclet, Celui qui se tenait à nos côtés, qui a partagé notre voyage sans rabais, qui prend nos défenses, prêt à payer pour nous, c’est précisément Lui, Jésus. La promesse de ce Paraclet est immédiatement liée à une affirmation solennelle et exigeante, qui vient nous donner la mesure de notre engagement avec Jésus : « Si tu m’aimes, tu garderas mes commandements », parce que le respect des commandements n’est pas une chaîne qui nous retient prisonnier d’une loi, mais c’est le signe visible de l’amour que nous avons pour Jésus et pour le Père. C’était pour Jésus l’expression spontanée et naturelle de son amour et de son lien de pleine communion avec le Père. Le même critère s’applique au disciple. Si l’observance des commandements n’est pas dictée par l’amour et n’est pas vécue comme une expression d’amour, elle ne nous est d’aucune utilité et ne nous met pas en communion avec le Père et Jésus. Examinons de plus près.

Parlant du Paraclet, qu’il appelle ensuite aussi l’Esprit de vérité, Jésus insiste sur le fait qu’il reste toujours avec nous et qu’il est en nous, car c’est grâce à l’Esprit que nous pouvons affronter les chemins difficiles et la difficulté de la cohérence avec l’Évangile ; c’est grâce à l’Esprit que nous sommes guidés parmi les mensonges, les illusions et les distorsions du monde sans nous laisser piéger. Mais tout cela exige que nous restions fermement ancrés dans l’amour de Jésus, et nous n’avons pas d’autre moyen que d’accepter et d’observer ses commandements. Ceux-ci illuminent notre regard et rendent notre cœur pur, nous permettent de découvrir le monde merveilleux dans lequel nous sommes plongés. Jésus nous y révèle un mystère que nous appelons maintenant l’ « inhabitation de Dieu Trinité en nous ». Le jour où les disciples recevront le Saint-Esprit sera un jour brillant de révélation. En effet, Jésus dit : « Ce jour-là tu sauras que je suis en mon Père et toi en moi et moi en toi ». Mystère de communion, d’habitation, mais aussi mystère de témoignage de vie qui atteint le martyre.

C’est pourquoi Pierre et Jean se dépêchent d’aller en Samarie et d’imposer les mains sur de nouveaux croyants, afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, qui leur permette de devenir des témoins crédibles de Jésus et de son évangile. C’est pourquoi Pierre encourage les croyants à vivre une « bonne conduite en Christ », l’adorant dans leur cœur et se gardant « toujours prêts à répondre à quiconque demande pourquoi l’espérance est en eux », même au prix de souffrances et de persécutions. La présence du Paraclet est une garantie pour nous, mais cela nécessite une capacité d’écoute extraordinaire, qui s’affine au fur et à mesure que notre vie est façonnée par cette présence de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit qui nous habite et il souhaite se manifester en nous et à travers nous. La présence de Dieu en nous est une présence dynamique qui nous transforme et tend à nous rendre transparents, afin de permettre à Dieu d’agir, de penser et d’aimer en nous, avec nous et à travers nous.

(Image : Bernadette Lopez evangile-et-peinture)