Bandeau
Jésuites à La Réunion
Slogan du site

Le site des jésuites à La Réunion. La communauté de la Résidence du Sacré-Cœur, les activités de la chapelle de la Résidence et du Centre Saint-Ignace.

logo article ou rubrique
Aimer... comme Dieu Trinité
Article mis en ligne le 8 juin 2020

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 7 juin 2020, Sainte Trinité (année A), ainsi que l’homélie du père Thang.

Les lectures

Il y a une prière que nous disons seulement les dimanches et les fêtes chrétiennes importantes, c’est le Credo, le « je crois ». Dans cette profession de foi, nous croyons en un seul Dieu qui est trois personnes. Pour parler de la Trinité, je me permets de vous rapporter une histoire : « Saint Augustin, auteur d’un magnifique Traité sur la Trinité, vit un jour un ange qui essayait de mettre toute l’eau de la mer dans un seul petit coquillage. Lorsqu’(il) lui fit remarquer la difficulté de son entreprise, l’ange lui répondit que cela lui serait plus facile que de vouloir épuiser, avec ses seules ressources de la raison humaine, le mystère de la Trinité. »

Difficile à comprendre, le dogme de la Trinité n’est pas une évidence dès le début du christianisme. Dans le début du christianisme, il y avait déjà des compréhension divergentes sur la nature de Jésus (est-Il vrai Dieu et vrai homme ?), et sur la Trinité (notre Dieu unique est-Il en trois Personnes ?). Au IVe siècle, Arius, un théologien d’Alexandrie, réfute la foi en ce Dieu trinitaire. C’est ainsi que le premier concile oecuménique de Nicée en 325 a eu lieu ; ce concile avait pour but de contrer l’arianisme. Pourtant, il a fallu encore trois siècles de débats théologiques, d’interventions politiques avant que l’arianisme soit rejeté de la foi chrétienne. Le dogme trinitaire a été refusé par beaucoup de chrétiens de l’époque. Pour anecdote, lorsque saint Augustin, évêque d’Hippone, célébrait la messe avec peu de fidèles, l’église voisine, d’obédience arienne, avait beaucoup de fidèles. La foi en un seul Dieu trinitaire n’a pas été évidente (et le reste peut-être ?). Nous pourrions dire que ce dogme de la foi chrétienne nous est arrivé presque par miracle.

Les lectures de ce dimanche ne parlent explicitement de la Trinité qu’une seule fois : saint Paul donnait sa bénédiction en invoquant la Trinité (« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint – Esprit soient avec vous tous » 2Co13, 13). Avant de le faire, il exhortait les chrétiens de Corinthe à vivre en harmonie et en s’occupant les uns des autres (« soyez d’accord entre vous, vivez en paix… Saluez-vous les uns les autres... » 2Co 13, 12). C’est en vivant l’amour les uns pour les autres que nous pouvons recevoir la bénédiction trinitaire de l’apôtre. Pour l’Église, notre Dieu en trois Personnes nous appelle à vivre les uns avec les autres et plus que cela : à vivre pour les autres. Vivre pour les autres, c’est ce qu’a vécu Jésus Christ, Dieu fait homme. La vie de Jésus parmi les hommes est un don de Dieu le Père dont l’évangile nous parle. Si nous croyons en son Fils, grâce à l’amour de Dieu le Père pour les hommes, nous serons sauvés.

La fête de la Trinité nous rappelle que les trois Personnes du Dieu unique sont relationnelles. Demandons au Seigneur qu’à l’image de son amour, nous puissions nous aussi nous accueillir les uns les autres, et vivre les uns avec les autres, et les uns pour les autres.