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Jésuites à La Réunion
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Jésus, prioritaire !
Article mis en ligne le 29 juin 2020

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 28 juin 2020, 13e dimanche du Temps ordinaire (année A), ainsi que l’homélie du père Thang.

Les lectures

Nous avons médité la semaine dernière sur la notion de la crainte. Deux des trois lectures de ce treizième dimanche parlent de l’accueil : de l’hospitalité (l’accueil du prophète Élisée) et l’accueil de la Bonne Nouvelle. C’est dans le contexte de l’accueil de la Bonne Nouvelle que par trois fois, Jésus utilise les mots « n’est pas digne de moi ». Regardons de plus près cette expression.

Le passage de l’évangile d’aujourd’hui se situe dans le chapitre 10. Dans ce chapitre, saint Matthieu nous rapporte l’envoi des disciples en mission. Il les met en garde quant à l’accueil de la Bonne Nouvelle. C’est ainsi que Jésus utilise trois fois le terme « n’est pas digne de moi ». Tout d’abord au verset 37 : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». Puis au verset 38 : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi ». Ces versets nous touchent profondément car ils concernent notre famille, notre vie même.

Aimer plus sa famille n’a rien d’anormal. Ce sont les liens de la vie. Nos parents sont notre origine et sans eux, nous n’aurions reçu ni proches, ni éducation. Pour autant, il est difficile de concevoir qu’une fois adultes, nous soyons encore dépendants de nos parents. Nous avons à prendre en main notre vie et à la construire. En ce qui concerne les enfants, d’après mes quelques années auprès des adolescents et occasionnellement leurs parents, et d’après ce que j’entends de la part des parents, à trop les aimer (trop les choyer), on court le risque qu’ils ne veuillent jamais quitter la famille pour construire leur vie. Dans les deux situations, il y a toujours une distance nécessaire à tenir. Sans cette distance, il est impossible pour l’autre de grandir.

Par ailleurs, Jésus utilise « plus que moi ». Cela signifierait qu’Il ne nous interdit pas d’aimer nos proches. Il nous demande de Lui donner une priorité. Comme Jésus est venu pour servir les hommes et non les condamner, à nous aussi de servir nos frères humains, peut-être à commencer par nos proches.

Le verset 38 est assez particulier car Jésus ne nous demande pas de rêver un ailleurs pour Le suivre mais de vivre ce que nous avons à vivre qui paraît souvent comme une croix à porter ou à traîner. Pragmatique, Jésus ne nie pas les conditions difficiles des hommes. Pourtant, c’est en ce lieu où nous vivons que nous sommes appelés à Le suivre.

Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir reprendre à notre compte la parole du centurion que nous citons à chaque messe : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri ».