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Renoncer à nous-même pour mieux le suivre
Article mis en ligne le 2 septembre 2020
dernière modification le 14 septembre 2020

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 30 août 2020, 22e dimanche du Temps ordinaire (année A), ainsi que l’homélie du père Thang.

Les lectures

Le passage de l’évangile d’aujourd’hui est la suite de la profession de foi de Pierre de dimanche dernier. Pierre a été félicité pour sa profession ; une profession qui lui a été révélée par le Père. L’évangile de ce dimanche nous rapporte les reproches de Jésus à la réaction très humaine de Pierre. Puis, Jésus rappelle les conditions pour le suivre. Voyons de plus près ces deux points.

La réaction de Pierre à l’annonce par Jésus de sa passion, de sa mort et de sa résurrection (« Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas » (Mt 16, 22b) est tout à fait normale. Nous avons le même genre de réaction lorsque nous ne voulons pas perdre ou laisser s’éloigner quelqu’un que nous estimons, quelqu’un qui nous est proche. Or, vouloir garder avec soi ceux qu’on aime, cela peut être aussi les empêcher de vivre. L’accouchement est une illustration. La grossesse a une durée limitée. S’il n’y a pas d’accouchement, non seulement le bébé ne vivra pas, mais aussi, la vie de la mère sera en danger. « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas » exprime donc une forme de mainmise qui étouffe la vie d’un autre.

Pourtant, cette mainmise donne l’impression de la sécurité. Mais cette sécurité rend l’autre dépendant. La mainmise ne favorise pas les renoncements. Une forme de renoncement que plusieurs parmi nous vivent ces dernières semaines, c’est le départ de nos proches pour la métropole, pour les études, pour le travail… Accepter que les enfants partent faire des études, qu’ils partent travailler au loin, c’est renoncer à les avoir dans la chambre à côté, à pouvoir crier après eux, à leur demander de l’aide pour des tâches simples. Le renoncement fait briser la mainmise, et dans le même temps, permet d’ouvrir de nouveaux horizons. Finalement, il n’y a pas que Jésus qui nous demande le renoncement. Nous vivons déjà le renoncement de nous-mêmes avec nos proches.

Demandons au Seigneur de mieux voir son amour pour nous afin que nous puissions mieux renoncer à nous-mêmes pour mieux le suivre.