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Remercier, c’est reconnaître l’amour de l’autre pour soi
Article mis en ligne le 15 septembre 2020

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 13 septembre 2020, 24e dimanche du Temps ordinaire (année A), ainsi que l’homélie du père Thang.

Les lectures

Le passage de l’évangile d’aujourd’hui se trouve au chapitre 18 de l’évangile selon saint Matthieu. Les exégètes nomment ce chapitre « Les exigences communautaires du Royaume ». C’est ainsi que Jésus répond à Pierre « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 22) ; c’est à dire toujours pardonner. Pour illustrer ses dires, Jésus raconte une parabole, celle du « serviteur impitoyable » ou la parabole de la dette. Puis il donne la signification de cette parabole : « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur... » (Mt 18, 35). Méditons sur l’attitude du serviteur.

Objectivement parlant, la dette du compagnon du serviteur est insignifiante (cent pièces d’argent comparées à soixante millions de pièces). Pourquoi le serviteur s’acharne-t-il pour si peu de chose ? Pourquoi n’entend-il pas la supplication de son compagnon qui est la même que la sienne (« Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout » Mt 18, 26 et verset 29) ? Nous voyons que ce serviteur est insensible à la supplication de son compagnon. Nous pouvons même dire qu’il a oublié sa propre supplication à son maître. Il ne se souvient plus de la compassion de son maître pour lui. Ce faisant, il a oublié le sens du remerciement qu’il a (sûrement) dit lors de la remise de dette. Rappelons-nous lorsque nous étions très jeunes. Combien de fois nos parents nous ont repris, avec douceur et parfois avec une claque aussi, pour nous rappeler de dire merci aux gens qui nous ont offert un cadeau ou tout simplement un bonbon coco ou encore un bonbon miel ? Dire merci, c’est montrer de la gratitude, de la gentillesse envers autrui. Mais plus encore, c’est reconnaître que l’autre éprouve un certain intérêt pour moi, ou une sorte d’affection pour moi. C’est reconnaître l’amour de l’autre pour moi. Le serviteur n’a ni reconnu, ni accueilli la compassion, l’amour de son maître pour lui, si bien qu’il se jette sur son compagnon pour lui réclamer sa dette en l’étranglant !

Demandons au Seigneur de nous accorder la grâce de mieux reconnaître son amour pour nous afin d’accueillir son pardon et afin de pouvoir pardonner nos frères.

Image : Évangéliaire de Reichnau, XIe siècle.