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Un homme pourtant honnête mais...
Article mis en ligne le 19 novembre 2020

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 15 novembre 2020, 33e dimanche du Temps ordinaire (année A), ainsi que l’homélie du père Thang Nguon.

Les lectures
Qui ne connaît pas la parabole des talents ? C’est une parabole qui peut poser des questions. Laissons-nous interroger par cette parabole qui peut nous déconcerter.

Nous pouvons être choqués par l’inégalité des talents reçus (« À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un talent... » (Mt 25, 15a). Cette inégalité est un jugement du maître ; c’est lui qui a donné « … à chacun selon ses capacités » (Mt 25, 15). Cette inégalité n’est pas à l’image du père qui attendait son « fils prodigue » (Lc 15, 11-32). Comment accueillons-nous cette inégalité (que l’on qualifierait) presque « de naissance » ?

Regardons maintenant l’attitude du serviteur qui a reçu un talent. La parabole nous dit qu’il « alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître » (Mt 25, 18). Nous pouvons louer au moins son attitude ! Pourquoi ? Car avec un talent, qui vaudrait trente mille euros de nos jours, avec le niveau de vie dans notre île, ce serviteur pourrait acheter en occasion une « Porsche Cayenne » ou encore une « Audi Q5 ». Non, il ne dépense pas cet argent qui ne lui appartient pas. Et bien plus, non seulement il ne dépense pas ce qui ne lui appartient pas, mais encore il sécurise cette somme qu’on lui confie. Il s’ingénie pour trouver une cachette pour mettre cette somme en sécurité. C’est un homme honnête qui ne confond pas les biens des autres avec ses biens à lui et qui sait respecter la propriété d’autrui.

Avec ces qualités, ce serviteur refuse d’entrer dans un système. Quel est le système ? Ce système est explicité dans la parole du serviteur à son maître : « … tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain… » (Mt 25, 24b). C’est un système capitaliste que critique le marxisme ; celui qui a le capital, fait travailler les autres et il profite du rapport. C’est ainsi que le serviteur juge son maître : « Seigneur, je savais que tu es un homme dur ... » (Mt 25, 24a). Une autre traduction est plus explicite : « Seigneur … j’ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain... ». Le refus d’entrer dans le système d’avidité de son maître est compréhensible pour cet homme honnête.

Si nous comprenons que le maître de la parabole est Dieu le Père qui a envoyé son fils, Jésus le Christ, quel sens prend pour nous cette parabole ? Est-ce que Dieu moissonne là où il n’a pas semé ? Pourrions-nous entendre les reproches du maître à son serviteur (« Serviteur mauvais et paresseux... » (Mt 25, 26)) ? Ou bien, est-ce que nous remercions le Seigneur pour ce qu’Il nous donne ? Et pourquoi Dieu nous accorde-t-il sa confiance ? Demandons au Seigneur une connaissance intérieure du Christ afin de mieux l’aimer et mieux le suivre.