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Jésuites à La Réunion
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Une relation née d’une liberté
Article mis en ligne le 26 avril 2021

par P. Thang Nguôn sj, chapelain

Retrouvez ici l’évangile du dimanche 25 avril 2021, 4e dimanche de Pâques (dimanche du Bon Pasteur), ainsi que l’homélie du père Thang Nguon.

Les lectures

En ce quatrième dimanche de Pâques, la liturgie et l’Église nous proposent l’évangile du « Bon Pasteur ». Selon les exégètes, ce passage se trouve dans la première partie de l’évangile de saint Jean nommé « le livre des Signes » ; d’après le P. Raymond E. Brown, prêtre sulpicien, exégète américain (repris par « Wikipedia »), l’évangile de saint Jean comporte le prologue, le « livre des Signes » (1, 19 – 12, 50), le « livre de la Gloire » (13 – 20) et l’épilogue (21) Pour notre foi chrétienne, c’est grâce à la lumière de la résurrection du Christ que nous reconnaissons qu’il est notre guide, notre pasteur. Comment saint Jean nous parle-t-il de cela ?

Quels sont les mots les plus utilisés, répétés dans l’évangile de ce dimanche ? Il y a d’abord l’utilisation du mot « je » par Jésus (12 fois), « brebis » (7 fois), enfin les mots tels que « bon pasteur », « vrai berger », « un seul pasteur », « le berger mercenaire ». Ces mots sont répétés plusieurs fois, il y a un lien entre ces termes. On pourrait même dire que c’est plus qu’un lien : c’est une relation entre « brebis », « bon pasteur » et « je ».

Cette relation est née d’une liberté : celle du Christ (« … je donne ma vie … Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau » (Jn 10, 17b, 18b). Libre, le Christ a choisi de donner sa vie pour ses « brebis » (« … je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 15b).

C’est dans cette liberté que le Christ dit « … je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ... » (Jn 10, 14b). Par cette reconnaissance réciproque, les brebis appartiennent au berger et comptent pour lui ; ce qui est le contraire du berger mercenaire (« , … les brebis ne sont pas à lui » « … les brebis ne comptent pas vraiment pour lui » (Jn 10, 12b). Le berger est concerné par ses brebis, elles sont « uniques au monde » pour lui ; en français, on parle d’un « être cher ». Ce lien exceptionnellement humain est traduit dans le dialogue entre le Renard et le Petit Prince de Saint-Exupéry : « Qu’est-ce qu’apprivoiser ? C’est créer des liens… Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... ».

Par notre foi dans le Christ ressuscité, nous sommes ses brebis et nous comptons pour lui. Mais nous sommes aussi tentés d’oublier que nous sommes « uniques » pour lui. Comme saint Ignace nous le suggère dans les Exercices spirituels, demandons au Seigneur de nous accorder la grâce d’avoir « une connaissance intérieure du Christ » afin de mieux L’aimer et mieux Le suivre.