Dix guérisons, un seul merci

Retrouvez l’évangile du 13 octobre 2013, 28ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Article mis en ligne le 18 octobre 2013

par Père Christophe Kerhardy sj
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Retrouvez ici l’évangile du 13 octobre 2013, 28ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

[orange]L’évangile[/orange]

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »

En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. »

En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.

Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n’y a que cet étranger ! »

Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 11,19)

Illustration : La guérison des dix lépreux, James Tissot.]

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[orange]L’homélie[/orange]

La lèpre, dans l’Antiquité, c’était le mal absolu. Les corps se décomposaient lentement, membre après membre, les visages, rongés par la maladie devenaient méconnaissables. La médecine ne disposait d’aucun remède alors pour éviter la propagation du mal les lépreux étaient tenus à l’écart des villes. L’ancienne léproserie de la Montagne est là qui témoigne de ces mesures d’isolement. Si l’Église s’est longtemps occupée des lépreux, c’est que le Christ s’était refusé à les exclure du Royaume de Dieu. On pensait que leur déchéance physique était le fait d’un péché irrémissible. Mais pour Jésus, rien n’est irrémissible. Qu’on soit lépreux, sidéen, alcoolique ou grabataire, Dieu ne radie personne de son plan de salut. La délivrance et non le bannissement, voilà ce que Jésus vient faire de nos infirmités, de nos faiblesses, de nos péchés.

Alors qu’il traversait la Samarie, dix lépreux apprennent que Jésus passe par là. C’est le moment favorable, après tant d’années de souffrance et de tristesse, ils courent vers la grâce qui passe. La rencontre commence comme notre messe par un cri unanime « Kyrie Eleison, Jésus, maître, prend pitié de nous ». Jésus ne va pas les guérir sur le champ, le miracle n’est pas instantané, je pense que cela nous le savons par expérience. Les dix lépreux auraient pu baisser les bras, et rentrer tout déçu dans leur camp d’isolement, mais ils font ce que Jésus leur demande, et l’obéissance à sa Parole va finir par porter des fruits. En court de route ils se trouvent guéris. Au fond, c’est leur foi, une foi plus vigoureuse que leur lèpre qui les sauve. Le Seigneur n’a-t-il pas dit : « Tout ce que nous demandez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu et cela vous sera accordé » ? Retenons bien ceci : la foi anticipe le bien qui va venir. S’il tarde à venir, patience car notre désir de salut, porté par la foi, n’est pas vain, si nous y croyons, cela nous sera accordé.

Or, l’un des dix, transporté par une joie folle, glorifiant Dieu à pleine voix, revient vers Jésus. Nous pouvons imaginer l’intensité de ce moment. Devant le don reçu, cet homme remonte jusqu’à son donateur. Souviens-toi de Jésus-Christ, dit Paul à Timothée, oui, devant le salut, souviens-toi de Jésus-Christ et adore ton Sauveur, après une guérison, souviens-toi de Jésus-Christ, n’oublie pas ton guérisseur, devant la Création remercie ton créateur.

Et les neuf autres, où sont-ils, demande Jésus. Mais c’est évident, ils sont allés se montrer aux prêtres. Selon la loi, seuls les prêtres peuvent réintégrer quelqu’un dans la société après avoir constaté sa guérison. Pourtant le Christ demande : où sont-ils ? Oui, où sont-ils ceux qui viennent à Dieu crier au secours, où sont-ils ceux qui viennent faire brûler un cierge en vue d’obtenir une grâce, combien reviennent vers le Seigneur avec un mot de reconnaissance ? Dix ont demandé, dix ont reçu, mais un seul est venu dire merci. C’est fou comme l’ingratitude à l’égard de Dieu est un fait majoritaire.

Savoir remercier, c’est toute une éducation. Ceux qui apprennent à un enfant les bonnes manières le savent, malgré tous les soins et toute l’affection qu’on lui prodigue, lui arracher un merci ne va pas de soi. Par contre le registre de la réclamation, des caprices, du mécontentement fonctionne bien tout seul. Et pas seulement chez les enfants, voyez-vous un élan de reconnaissance pour les aides qu’on nous accorde, pour les droits qui nous sont octroyés, pour les coups de pouce offerts généreusement par une association ? C’est cette ingratitude que l’Évangile met sous nos yeux. Dix guérisons et un merci. Un seul se détache du lot pour rendre grâce. Ce n’est pas beaucoup mais c’est le début d’une culture eucharistique.

J’appelle culture eucharistique, cet élan de reconnaissance par lequel on remonte du don reçu au donateur. Neuf ne sont pas revenus vers Jésus, mais nous, nous sommes là à la place du dixième. Oui, comme le Samaritain, nous revenons chaque semaine vers le Seigneur pour lui rendre grâce et nous affirmons que cela est juste et bon. Mais dites-moi, y aura-t-il un Réunionnais sur dix pour rendre grâce avec ce bon Samaritain ?

Une dernière chose, le seul qui revient vers Jésus est samaritain. En ce temps là les Juifs regardaient de travers les gens de Samarie. Dans cette région du Nord, on avait construit sur le mont Garizim un temple concurrent de celui de Jérusalem, d’où l’hostilité à l’égard de ces mécréants ! Or dans le groupe des lépreux, c’est le Samaritain, seul, qui revient vers le Seigneur. Il n’y a que cet étranger ? s’étonne Jésus.

Aujourd’hui, je vois tant d’animosité à l’égard des étrangers. Quand ceux qui cherchent l’asile en Europe se noient en mer, le Pape François a beau dénoncer la honte et s’élever contre une globalisation de l’indifférence, combien se disent : bon débarras ! Je prie pour que ce genre de pensée abjecte et inhumaine ne contamine pas notre culture créole. Regardez de près la population de notre île et la physionomie de notre Église réunionnaise, que nous apprennent-elles ? Ici, des étrangers ont appris à vivre ensemble, à se respecter, c’est une valeur essentielle de notre identité péi et cette valeur essentielle honore le Christ qui a offert sa vie pour tous.

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[orange]La prière universelle[/orange]

Seigneur, tu t’intéresses à chaque être humain et tu viens au secours de tous. Dans le respect des différences de chacun, répands ton esprit d’entraide pour le service de la commune humanité. Seigneur, nous te prions.

[marine]Sûrs de ton amour et forts de notre foi,
Seigneur, nous te prions ! [/marine]

Seigneur, dans ce monde difficile, nous sommes confrontés aux épreuves de toutes sortes. Il nous arrive d’avoir peur et de douter. Augmente notre foi en Jésus qui nous tend la main et qui nous sauve. Seigneur ; nous te prions.

[marine]Sûrs de ton amour et forts de notre foi,
Seigneur, nous te prions ! [/marine]

Seigneur, que notre condition d’enfant de Dieu ouvre notre coeur à nos frères, à ceux qui sont frappés par toutes formes de lèpres, d’exclusion, de mise à l’écart, dans une indifférence honteuse. Seigneur, nous te prions.

[marine]Sûrs de ton amour et forts de notre foi,
Seigneur, nous te prions ! [/marine]

Seigneur, nous te rendons grâce pour tous ceux qui, dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les familles, soulagent la souffrance de leurs frères et participent ainsi à la mission de l’Esprit consolateur. Seigneur, nous te prions.

[marine]Sûrs de ton amour et forts de notre foi,
Seigneur, nous te prions ! [/marine]

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