Et l’univers passera tout entier dans la douceur de Dieu

Retrouvez l’évangile du 17 novembre 2013, 32ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

Article mis en ligne le 25 novembre 2013

par Père Christophe Kerhardy sj
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Retrouvez l’évangile du 17 novembre 2013, 32ème dimanche ordinaire (année C), l’homélie du père Christophe Kerhardy, et la prière universelle des fidèles de la Résidence du Sacré-Cœur.

[orange]L’évangile[/orange]

Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »

Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : ’C’est moi’, ou encore : ’Le moment est tout proche.’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »

Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.

Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage. Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom.Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21, 5-19)

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[orange]L’homélie[/orange]

Les disciples de Jésus étaient en admiration devant le Temple et sa beauté. Là se concentrait la présence de Dieu, les Écritures, le culte et la mémoire d’Israël. Et voilà que Jésus –passez-moi l’expression— va casser la barque : « Des jours viendront où il n’en restera plus pierre sur pierre ». De fait, si vous allez à Jérusalem, vous ne trouverez plus qu’un mur de lamentations.

Et il y a de quoi se lamenter. Avec les moyens de communication modernes, nous sommes témoins en temps réel des catastrophes qui s’abattent sans relâche sur le monde. La semaine dernière, un énorme typhon ravageait les Philippines en quelques heures, le bilan est lourd ; ailleurs des journalistes étaient liquidés froidement par des fanatiques, quelques jours plus tard, les mêmes enlevaient un prêtre. Chez nous, on sent la colère qui monte et les mouvements de protestation qui s’emballent. Notre progrès, dont on se gausse si facilement, est bien mal en point.

« Des jours viendront où vous vivrez des temps de troubles et de confusion. Des jours viendront où vous ferez face à la persécution. » Ce discours, avec ses accents apocalyptiques, est plutôt inquiétant. On aurait préféré autre chose.

La longue passion de l’humanité, ses troubles, sont au cœur de la vie du Christ, l’Évangile n’est pas une berceuse. Le Christ affronte le mal à corps découvert et des signes cosmiques sont associés à l’épreuve : « C’était déjà presque midi et il y eut des ténèbres sur la terre jusqu’à trois heures ». En tuant le fils, les puissances du mal avaient vidé le ciel de sa lumière, le soleil avait disparu. Cette expérience nocturne n’en finit pas et nous nous demandons : où donc est la lumière dans les horreurs qui ravagent le monde, où donc est Dieu quand le mal sème le trouble et transforme l’amour en tragédie ? Parfois je me dis que les hommes sont comme des enfants terrorisés qui ont trop joué à Halloween.

Nous ne sommes donc pas à l’abri de tout cela, mais revenons donc à l’Évangile pour chasser la peur qui nous hante : N’ayez pas peur, ne vous effrayez pas… ne vous laissez pas égarer par les faux prophètes, qui surfent sur la peur et cherchent à tirer profit de vos angoisses… autrement dit, habitons notre histoire chaotique avec de bonnes raisons d’espérer. Les mystères douloureux sont réels mais ils ne sont pas le fin mot de l’histoire. D’ailleurs « Apocalypse » ne veut pas dire « cataclysme » mais « révélation ». Révélation d’une victoire où la lumière de Pâque a resplendi dans l’ombre d’un tombeau ! Le Christ est ressuscité et en lui nos douleurs, nos jours de détresse, les ratés de l’histoire s’achèveront. Oui, dans la foi, nous croyons que l’univers, aussi brutal et menaçant qu’il nous paraisse, passera tout entier dans la douceur de Dieu. Soyez-en sûr.

Mais quand cela se produira-t-il ? En vérité, cela a déjà commencé : la résurrection de Jésus enclencha le cycle d’une nouvelle genèse. À vrai dire, avec le Christ, le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né. C’est pourquoi nous n’avons pas à nous inquiéter outre mesure de notre avenir, une promesse nous suffit : Jésus, la tête de l’Église, est sorti victorieux, tout le corps doit le suivre dans la vie nouvelle.

Alors, ne vous laissez pas prendre au piège du catastrophisme, ne laissons pas la panique nous dominer. Regardons les choses avec lucidité mais restons capables de voir plus loin. Nous savons que les plus belles pages de l’histoire de l’humanité et de l’Église sont le fait d’hommes et de femmes courageux.

Demandons au Seigneur le courage intérieur pour tenir dans la foi et ne lâchons pas les paroles d’espoir que Jésus nous adresse : « Confiance ! J’ai vaincu le monde ! ».

Fort de cette confiance, l’Église tient debout. Même si elle doit affronter les soubresauts du Mauvais, elle croit qu’en Jésus la création tout entière est en voie de Gloire comme une femme est en voie de famille.

En ce jour de la collecte nationale du Secours catholique, chacun est invité à donner ce qu’il peut, ce qu’il veut. À travers nos dons, nous nous aidons les uns les autres et ce faisant nous témoignons que les chrétiens ne sont pas des gens affairés sans rien faire, mais qu’ils contribuent à la victoire finale de la vie.

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[orange]La prière universelle[/orange]

Seigneur, la fragilité de notre monde, l’annonce de sa fin réveillent les peurs les plus profondes. Qu’à la crainte, nous opposions la confiance en Ta Parole. Qu’au découragement, nous répondions par la foi en ta venue. Seigneur, nous te prions.

[marine]En toi, notre cœur espère, Seigneur.
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Seigneur, pour tous ceux qui sont rejetés par leur famille, chassés de leur pays, ou emprisonnés à cause de leurs convictions ou de leur foi. Que l’Esprit Saint les rende courageux dans l’adversité. Seigneur, nous te prions.

[marine]En toi, notre cœur espère, Seigneur.
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Seigneur, en ce jour où le Secours catholique organise une quête pour venir en aide aux plus démunis, nous te demandons de consolider ce service d’Église dans sa mission en faveur d’une société plus juste et plus fraternelle. Seigneur, nous te prions.

[marine]En toi, notre cœur espère, Seigneur.
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Seigneur, nous t’adressons cette prière pour les victimes du cyclone qui a ravagé les Philippines. Qu’elles puissent compter sur la compassion et la générosité de tous. Que partout se mettent en place les actions qui permettront à ce pays de faire face à cette catastrophe destructrice et meurtrière. Seigneur, ouvre notre cœur à la générosité envers nos frères philippins. Nous te prions.


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