Christian de Chergé : une biographie spirituelle du prieur de Tibhirine

À emprunter à la Bibliothèque de la Résidence.

Article mis en ligne le 20 mai 2018

par Monique Cadet
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Par Christine Ray. Albin Michel, collection Spiritualités vivantes, 2010, 238 pages

En 1996, sept moines trappistes du monastère cistercien Notre-Dame-de l’Atlas à Tibhirine en Algérie sont assassinés. L’un deux est Frère Christian de Chergé, le prieur. Pour retracer, étape par étape, l’étonnant parcours et le cheminement spirituel « de l’homme, du moine, du mystique, engagé seul sur un chemin étroit, "un pèlerinage vers la communion des saints ", plus semé de questions que de réponses », Christine Ray, écrivain et journaliste, a enquêté dans les deux années qui ont suivi cet assassinat auprès de la famille de Christian de Chergé, d’amis d’enfance, de confrères et amis et d’autres personnes l’ayant connu en Algérie. Elle a eu aussi accès à sa correspondance, ses écrits.

« S’il m’arrivait un jour - et ça pourrait être aujourd’hui - d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays.". » Cette phrase du Testament spirituel de Christian de Chergé publié en France par le journal La Croix le 29 mai 1996 traduit bien le sens de sa vocation contemplative, son choix de la vivre en Algérie pour se mettre à l’écoute de la spiritualité des musulmans, d’être un priant « aux côtés des priants de l’islam ». Un engagement incompris par beaucoup, à l’heure pourtant où le concile Vatican II dans la déclaration Nostra Aetate reconnaît que « l’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint » dans les grandes religions.

Un ouvrage intéressant pour découvrir cette grande figure spirituelle et aussi le cadre de vie, les activités des moines de Tibhirine isolés dans la montagne, les relations établies avec les villageois tous musulmans, leur contribution à la vie de l’Église algérienne très minoritaire. Tout cela dans un contexte politique et social de plus en plus tendu avec la montée de la violence islamiste. Les deux derniers chapitres intitulés « L’amour plus fort que la peur » et « Sept vies données » nous font vivre les derniers mois des sept moines de Tibhirine dont le pape François a reconnu au début de cette année le martyre en vue de leur béatification.


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