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Film et Spiritualité : La part des anges
Article mis en ligne le 19 avril 2021

par Équipe Film & Spiritualité

Attention ! En cas de couvre-feu, changement d’horaire : 14h30 – 16h30

Comédie dramatique (2012) de Ken Loch avec Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland, William Ruane, Jasmin Riggins, Roger Allam. Durée : 1h41mn. Prix du Jury au Festival de Cannes (2012), Prix du public au Festival de Saint-Sébastien (2012). Version sous-titrée.

A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêt général. Henri, leur éducateur, les initie… à l’art du whisky ! Robbie se découvre alors un réel talent de dégustateur. Cela suffira-t-il à lui faire changer de vie ?

L’on se prend vite de sympathie pour cette petite troupe de pieds-nickelés un peu lunaires ; pour cet éducateur qui, sans se faire trop d’illusions, tente quand même de les aider ; pour Robbie surtout qui semble avoir trouvé la motivation nécessaire pour prendre en mains sa vie mais se heurte à tant d’impossibilités...

Des délinquants, ces jeunes ? Les faits sont là. Mais qui le sont devenus faute d’avoir eu la chance de naître dans un « bon » quartier, dans des familles susceptibles de leur laisser un héritage utile... Ainsi découvre-t-on que l’ennemi juré de Robbie, qui lui « pourrit » la vie et risque de l’entraîner à nouveau vers la violence, est le fils d’un homme qui était lui-même l’ennemi juré de son père : les deux jeunes s’affrontent sans savoir pourquoi, juste parce que les pères s’affrontaient. Comment sortir d’un tel cercle vicieux ?

Ce n’est pas la première fois que le réalisateur Ken Loach dénonce le sort infligé aux jeunes par notre société, l’absence de perspective d’avenir pour eux. Il choisit de le faire, ici, en empruntant les chemins de la comédie mais au fond, le propos reste sérieux : peut-on, oui ou non, changer de catégorie sociale ? La volonté d’avancer, l’intelligence, le désir d’apprendre sont-ils des moteurs efficaces ? Une part de chance est-elle nécessaire ? Faut-il la forcer, cette chance ? Ou bien reste-t-on à jamais prisonnier de son image, prisonnier du regard des autres ? Et finalement, ce parti pris de comédie exprime-t-il une volonté d’espérer à tout prix ? ou est-ce au contraire une forme d’humour désespéré ? Autant de questions qui devraient donner matière à débat, après la diffusion de ce Ken Loach d’un bon tonneau.