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Film et Spiritualité : Okuribito
Article mis en ligne le 17 octobre 2022

par Équipe Film & Spiritualité

Comédie dramatique de Yôjirô Takita (Japon, 2008) avec Masahiro Motoki, Ryôko Hirosue, Tsutomu Yamazaki. Nombreuses récompenses nationales et internationales, dont l’Oscar 2009 du meilleur film en langue étrangère. Version sous-titrée. Durée : 1h43.

Daigo, jeune violoncelliste au chômage, revient avec sa femme Mika dans son village natal. En recherche d’un nouveau travail, il répond à une petite annonce qui parle « d’aide aux départs ». Engagé sur le champ dans ce qu’il pense être une agence de voyages, il s’aperçoit qu’il s’agit en fait d’une entreprise de pompes funèbres…

Dans la culture japonaise, le rite funéraire n’est pas un rite de passage mais un rite de purification que l’on exécute en présence des familles – un moment très important pour celles-ci. Il ne s’agit pas d’accompagner le défunt vers l’autre monde mais de se protéger des effets nocifs dus à la proximité du cadavre : pour la religion shintô, la mort est en effet l’impureté suprême. Ceci explique l’ostracisme qui va frapper Daigo : non content de lutter contre ses propres préjugés il doit encore affronter le dégoût de ses proches. Son mariage lui-même pourrait être remis en cause...

Heureusement son patron, Ikuei, exerce son métier avec cœur. Il en a fait un art, tout en délicatesse. Et Daigo s’habitue peu à peu à manipuler les corps, à les habiller, les parer, les maquiller, avec grand respect, presque avec affection. Comme il arrive souvent, la proximité de la mort l’incite à s’interroger sur sa vie, notamment sur ses relations avec son père, encore troublées par le remariage de celui-ci il y a pourtant plus de vingt ans.

Le titre original du film, Okuribito, signifie « celui qui envoie ». En France, ce film est sorti sous son titre anglais : Departures (Départs). Dans d’autres pays, il est devenu « Adieux » (Espagne), « Fin du jeu » (Argentine, Uruguay, Chili) ou « Des violons dans le ciel » (Mexique). Mais c’est finalement au Pérou que le titre choisi, « Le bonheur de vivre », semble le plus judicieux Car c’est bien de la vie et de la joie de vivre que parle finalement le film. Et les chrétiens, pour qui c’est le mystère pascal qui donne sens à la mort, comprendront à la lumière de la foi cette « mise en gloire » du corps humain.

Grand succès commercial au Japon, ce film de Yôjirô Takita a su séduire d’autres pays et a été salué à plusieurs reprises par la critique. Le réalisateur a eu recours à des images de synthèse pour certaines scènes, car il n’était évidemment pas question, pour des raisons éthiques, de tourner avec de vrais corps.