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Film et Spiritualité : Le Procès de Viviane Amsalem

Attention, changement de date !

Article mis en ligne le 15 février 2022
dernière modification le 19 février 2022

par Équipe Film & Spiritualité

Film de Shlomi et Ronit Elkabetz (2014) avec Ronit Elkabetz (Viviane), Simon Abkarian (Eliahu), Menashe Noy (Carmel). Oscar israélien du meilleur film et Golen Starfish Awards du meilleur film au Festival international du film des Hamptons 2014. Durée : 115 minutes. Version sous-titrée.

En Israël, Eliahu refuse le divorce à sa femme Viviane, qui le demande depuis plus de trois ans. Dans le judaïsme, le mari et la femme doivent chacun donner leur accord (guett) afin que le divorce religieux soit prononcé. Si Viviane montre une grande détermination à lutter pour sa liberté, Eliahu s’obstine dans son refus. Et les audiences se succèdent…

L’histoire se déroule sur une longue durée mais dans un lieu unique : la pièce de dimensions modestes dans laquelle le tribunal rabbinique reçoit le mari et la femme, chacun flanqué de son avocat. Qu’ont-ils à se reprocher ? Pourquoi l’a-t-elle quitté ? Et pourquoi se dérobe-t-il à sa demande ?

Contrainte par l’exiguïté de la salle d’audience, la caméra filme au plus près des acteurs, s’attache à chaque visage, saisit chaque mimique. Elle fait ainsi vivre au spectateur l’enfermement de Viviane : repli sur soi d’abord, nécessité de ne pas montrer ses sentiments au monde extérieur, pour s’en protéger, puis ce mélange de désarroi et d’obstination lorsqu’il devient de plus en plus clair que le système se joue d’elle. Coincée par des règlements et des décisions absurdes, elle est le dindon de la farce.

Le film dénonce un système hypocrite, qui fait croire aux femmes qu’elles ont des droits, tout en fonctionnant de manière à subtilement les en priver. Au-delà, c’est toute l’hypocrisie d’une société qui est questionnée. Et cette société pourrait être la nôtre : bien des répliques sonneraient tout aussi juste dans d’autres contextes, le monde du travail par exemple, ou certains milieux d’Église.

Un huis-clos passionnant, magnifiquement interprété, en particulier par Ronit Elkabetz dont les regards et les gestes valent bien plus que de longs discours.