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Film et Spiritualité : L’enfant au violon
Article mis en ligne le 16 juin 2022

par Équipe Film & Spiritualité

Film de Chen Kaige (Chine, 2002) avec Tang Yun Tang (Xiao Chun), Liu Peiqi (Liu Cheng), Chen Hong (Lili), Wang Zhiwen (professeur Jiang), Chen Kaige (professeur Yu Shifeng). Musique : Zhao Ling. Coquille d’argent du meilleur acteur au Festival international de Saint-Sébastien pour Liu Peiqi. Durée : 1h55.

L’enfant au violon
Bande annonce du film « L’enfant au violon »
http://www.cinemaetcie.fr/

Xiao Chun a 13 ans et un don pour le violon. Son père, Liu Cheng, l’élève seul. Fier de son fils, mais de condition modeste, il cherche comment lui permettre de développer son talent. Il décide de l’emmener à Beijing pour tenter sa chance dans des concours…

Le réalisateur Chen Kaige (déjà réalisateur du film culte « Adieu ma concubine ») s’est inspiré d’une anecdote réelle et touche le spectateur en tressant plusieurs thèmes.

C’est d’abord l’histoire d’un jeune garçon et de son père. Xiao Chun arrive à l’âge où l’on se découvre, où l’on teste les préceptes des parents, où l’on choisit ses valeurs. Et le voici face à trois modèles possibles : un professeur de musique plutôt représentatif d’une Chine traditionnelle, un second bien plus ancré dans le monde contemporain, et son père, Liu Cheng. Un père humble, souvent maladroit mais qui aime profondément son fils et se montre prêt à tout pour lui permettre d’exprimer le meilleur de lui-même. Jusqu’où cela le mènera-t-il ? Pourle jeune garçon, le monde se résume pratiquement à la musique. Il ne quitte pas son violon. Mais à quoi Xiao Chun est-il prêt, lui, pour maîtriser son art ? Ira-t-il jusqu’aux compromis ? jusqu’au reniement ?

Et puis, la musique. « Ton violon est une âme, tes émotions sont tes munitions et tu dois conquérir ton public », explique à Xiao Chun l’un de ses professeurs. Ce qui se passe dans le cœur du musicien est donc essentiel, quelle que soit la mélodie, et peut changer la vie de celui qui écoute. Les choix de Xiao Chun ne seront pas sans conséquences.

Mais dans la Chine d’aujourd’hui, il ne suffit pas d’aimer la musique et d’être talentueux. Il faut être le meilleur. Il faut avoir soif de réussite au point d’accepter de s’engager corps et âme dans la compétition. Bien sûr, avoir de l’argent aide aussi.
Ponctué de musiques romantiques et de superbes plans de Beijing, le film esquisse en filigrane une critique de la société chinoise aux prises avec sa soif de réussite, au risque de perdre son âme pour y parvenir. Mais l’essentiel reste ici l’aventure humaine et l’une des leçons qu’on peut en tirer : un talent que l’on développe est une bénédiction, qui rend heureux celui qui le possède, et fait grandir l’humanité.
Une histoire émouvante pour un jour de fête des pères.