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Film et Spiritualité : Le village de carton
Article mis en ligne le 26 août 2019

par Équipe Film & Spiritualité

Film dramatique d’Ermanno Olmi (Italie, 2011), avec Michael Lonsdale, Massimo de Francovich, Elhadji Ibrahima Faye. Durée : 87 minutes. Version sous-titrée.

Un prêtre âgé assiste, impuissant, désespéré, à la désacralisation de son église. Mais en pleine nuit, un groupe d’immigrés clandestins, pourchassé par la police, frappe à sa porte… Et l’église devient lieu hospitalier, village de carton où se recrée comme une petite société, avec la bénédiction du prêtre… mais pas plus. Car pendant que les immigrés jouent leur vie, lui joue la sienne mais sur un autre mode : alors qu’il sent la mort proche, les questions l’assaillent comme des mouches. Questions sur le sens de sa vocation, questions de foi, questions sur l’Église, sur ce qu’elle est et pourrait ou devrait être, questions sur le monde et son avenir.

Filmé en huis-clos (tout se passe à l’intérieur de l’église ou du presbytère, tout au plus entrevoit-on par les carreaux la nuit pluvieuse, la lueur des gyrophares), Le village de carton est une œuvre sobre, un peu austère même, mais profondément attachante, par la gravité des thèmes abordés, par la beauté des scènes et par sa charge symbolique.

Le film est puissamment porté par Michael Lonsdale, qui incarne avec justesse ce prêtre âgé, littéralement dépossédé de son église, en proie au doute. Propulsé hors de sa « zone de confort », il dira : « Quand faire la charité devient dangereux, c’est que le moment de la charité est venu », mais aussi, un peu plus tard : « Je suis devenu prêtre pour faire le bien mais le bien n’a pas besoin de la foi ». Débat stérile, bien entendu, auquel un autre personnage ouvrira une issue : « Pourquoi mets-tu Dieu contre Dieu, l’Un contre l’Autre, comme les hommes ? »

Une œuvre qui ne saurait laisser indifférent et qui sera notre contribution au « mois missionnaire extraordinaire » promulgué par le pape François.