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Film et Spiritualité : Sami, une jeunesse en Laponie
Article mis en ligne le 4 juillet 2022
dernière modification le 5 juillet 2022

par Équipe Film & Spiritualité

Film de Amanda Kernell (Suède, 2016) avec Lene Cecilia Sparrok (Elle-Marja), Mia Erika Sparrok (Njenna), Maj-Doris Rimpi (Elle Marja), Julius Fleischanderi (Niklas). Musique : Kristian Eidnes Andersen. Prix de la meilleure réalisatrice pour un premier film à la Mostra de Venise (2016). Prix Lux du Parlement européen (2017). Version sous-titrée. Durée : 1h50.

À contre-cœur, Elle-Marja est en route avec son fils pour la Laponie suédoise. Elle se rend aux obsèques de sa sœur cadette et s’apprête à retrouver sa communauté d’origine (samie) avec laquelle elle a rompu soixante ans plus tôt. Au cours de la cérémonie, elle se souvient de son adolescence rebelle…

Ce flash-back constitue la majeure partie du film. Il transporte alors le spectateur dans les années 30. À cette époque, l’État suédois finançait un Institut de biologie raciale, dont l’objectif était d’établir scientifiquement la supériorité de la « race nordique ». Des équipes d’anthropologues pratiquaient photographies et mesures anthropométriques en vue de constituer une base de données. Le peule sami, aussi dit « lapon » (« porteur de haillons »), considéré comme inférieur, a dû se plier à la politique assimilationniste de la Suède. Une politique quelque peu hypocrite… Les jeunes Samis devaient en effet recevoir une éducation suédoise en internat, avec notamment interdiction d’utiliser leur langue maternelle. Pour autant, toute tentative d’émancipation par des études supérieures était vivement déconseillée – comment en auraient-iis été capables, avec leur « cerveau plus petit » ?

Dans le film, nous suivons la rentrée à l’école de deux sœurs, Elle-Marja et Njenna. Mais alors que la seconde semble adopter le comportement qu’on attend d’elle sans pour autant renoncer à la culture samie, la première se rebelle. Brillante élève, dotée d’un féroce appétit de vivre, elle est blessée par les préjugés raciaux, ce qui la pousse à s’affranchir du groupe à cause duquel elle se sent stigmatisée. Mais peut-on rompre avec son groupe d’appartenance ? Est-il possible de devenir un·e autre ? Et à quel prix ?

Sami, une jeunesse en Laponie est le premier long métrage de la réalisatrice suédoise Amanda Kernell, qui s’est partiellement inspirée de la vie de sa grand-mère paternelle. À travers l’expérience de Elle-Marja, adolescente qui tente de construire sa propre destinée, la réalisatrice montre les sentiments de culpabilité et de honte qu’éprouvent les personnes discriminées. Des ravages qui, près d’un siècle plus tard, impactent encore la société suédoise, selon elle.

Le film a été plusieurs fois récompensé, notamment par le prix Lux, ce qui lui vaut d’avoir été traduit dans les 24 langues de l’Union européenne.