La mort ? Roulée dans la farine de Dieu !

Retrouvez l’évangile de la veillée pascale 2013 (année C) et l’homélie du père Christophe Kerhardy.

Article mis en ligne le 1er avril 2013

par Père Christophe Kerhardy sj
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[gris]Retrouvez l’évangile de la veillée pascale 2013 (année C) et l’homélie du père Christophe Kerhardy...[/gris]

[gris]... ainsi que l’Évangile du jour de Pâques et le partage du père Vara : Jésus, Fils de Dieu, le Ressuscité, je T’aime ![/gris]

[orange]L’évangile[/orange]

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Elles ne savaient que penser, lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?

Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.’ » Alors elles se rappelèrent ses paroles.

Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.
Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas. Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé.

(Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 1-12)

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[orange]L’homélie[/orange]

Jérusalem était encore endormi, Pilate avait évité une révolte en livrant Jésus à la vindicte populaire. Les chefs des prêtres pouvaient récupérer après la nuit blanche qu’ils avaient passée pour sauver leur système. Il y a des nuits blanches qui sont en réalité des nuits de ténèbres, mais il y a en contrepoint, des nuits sombres qui se trouvent subitement irradiées de lumière. Il y a en contrepoint, des églises et des chapelles qui s’illuminent dans la nuit. Il y a en contrepoint, la Pâque de Jésus qui précède la nôtre.

Le corps de Jésus avait été déposé à la hâte dans un tombeau, sans pompes funèbres, sans aromates comme il convient ; c’est pourquoi, sitôt le sabbat fini, quand les activités peuvent reprendre leur cours, des femmes viennent achever le rituel. Parmi ces femmes, Marie Madeleine. On se souvient que Jésus l’avait libérée de sept démons. Maintenant qu’il n’est plus là, on peut saisir sa tristesse, on peut comprendre ce que veut dire pleurer comme une madeleine. Ainsi en va-t-il de chacun de nous abattu par la mort d’un être cher, épuisé par le deuil d’un proche. Dans ces moments où tout nous semble perdu, où nous sommes tentés de nous dire c’est fini, c’est foutu, regardons l’événement qui attend les femmes au tombeau.

Là : stupéfaction ! Le tombeau est ouvert et le mort a disparu. On a enlevé le Seigneur... Marie Madeleine est dépitée, non seulement on l’avait privée de la vie de Jésus, mais maintenant on lui enlève même sa mort. Qui a pu profaner la sépulture ?

En vérité, comme nous, ces femmes vont devoir apprendre à sentir le ressuscité sans le voir. Un peu comme un parfum qui n’est pas visible mais qui ne passe pas inaperçu. Vous aimez le géranium, vous aimez le vétiver, et toutes ces merveilleuses odeurs d’huiles essentielles, eh bien aimez de même l’essence de Jésus ressuscité qui n’a pas besoin qu’on le voie pour faire sentir sa présence : « Heureux celui qui croit sans avoir vu ! » D’ailleurs la foi vient de ce que l’on entend. Et qu’entendons-nous ce soir ?

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. »
Ils sont finis les jours de la Passion, elles sont terminées les douleurs de l’enfantement, et quoi de plus naturel que des femmes pour nous faire entrer dans les entrailles de Pâques ? La vie provient toujours d’entrailles qui se vident, n’est-ce pas ? Et qui peut témoigner le mieux de ces choses-là ? Sûrement des femmes, des sages-femmes ! Ce soir trois femmes contemplent un tombeau vide, un peu comme la coquille d’un œuf de Pâques, vide à l’intérieur. La mort n’est plus ce qu’elle était, son contenu a été vidé, elle est vaincue.

Mort où est ta victoire ? Où est la pierre derrière laquelle tu enfermais le fils du Dieu vivant ? Où sont les esclaves qui bâtissaient les nécropoles des Pharaons ? Où est la mer dans laquelle tu voulais engloutir les enfants d’Israël, où sont les armées de l’Egypte qui couraient derrière le peuple de l’alliance ? Et où sont les gardes qui veillaient sur le tombeau de Jésus ? Mort, avec tous tes alliés, cette nuit, comme la pierre du sépulcre, tu es bel et bien roulée ! Roulée dans la farine de Dieu qui a pétri avec son fils le pain de vie. Autrefois la mer rouge et ce soir le tombeau s’est ouvert et tu ne peux garder celui qui s’y trouvait. Il n’était pas à toi, son Père reprend Jésus et tous les siens. Si sûre de ta puissance, tu n’as rien vu venir, d’ailleurs que peux-tu voir dans tes cryptes sans lumière ? Tes offices funèbres sont finis et personne ne te regrettera !

Le Christ est ressuscité, Alléluia, et il emporte son trophée, celui qu’il a gagné avec vaillance, avec sa vie, oui, il emporte avec lui Adam et Ève, et toute la descendance, il nous emporte tous au paradis. Le paradis, c’est sa nouvelle adresse et la nôtre également ; là, il nous précède et nous attend de pied ferme. Avec lui, nous sommes ressuscités, nous sommes vraiment ressuscités, c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille de notre foi.


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